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Représentations du sommeil dans l’art

  • Photo du rédacteur: Oriane
    Oriane
  • 15 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Et si, en dormant à côté de quelqu'un, on pouvait faire le même rêve ?

Et si pouvoir s’endormir facilement n’était pas une injustice de plus ?

Et si la nuit blanche portait autant conseil que la nuit noire ?

Et si le pays des rêves avait des frontières, des limites ?

Et pourquoi chercher une signification à ses rêves ?


Voilà des questions qui me sont venues, en déambulant dans les couloirs de l’exposition « L’empire du sommeil », au musée Marmottan Monet (Paris, XVI arrondissement). 


Sur chaque tableau, une mise en dormance. Comment ne pas succomber, en tant que visiteur, à la tentation de faire un petit somme ? Les commissaires Laura Bossi et Sylvie Carlier ont justement pensé un parcours qui tient en éveil, où chaque œuvre relance le regard. C’est amusant : cela me fait penser au flux infini des contenus sur les réseaux sociaux, capables de nous faire négliger notre sommeil. Le musée me proposerait presque de « scroller » — à la différence près que j’ai choisi d’y entrer.


Les représentations en peinture de visages endormis, de corps relâchés sont bien plus nombreuses (et passionnantes) que ce que l’on peut penser. Le corpus d'œuvres présentées au musée se situe entre le XIX et XX siècle. Pendant cette période, les artistes se sont emparés de l’imaginaire du sommeil, en considération des transformations amenées par la psychologie moderne, dont la psychanalyse de Sigmund Freud. 



Lors de ma visite, la diversification des représentations m’a le plus marqué. D’une part, le choix de rassembler des peintures, sculptures, dessins et objets, fait ressortir la richesse des incarnations du sommeil : il n’est pas un prétexte mais bien un sujet complexe que les artistes interrogent. D’autre part, on ne passe pas seulement d’enfants aux adultes, ou de lits splendides à des couchages éphémères, mais on observe aussi un dialogue entre une iconographie profane et sacrée, clinique et symbolique. 




La plupart des œuvres exploitent indirectement la dimension du rêve. En effet, il nous appartient de plonger dans l’esprit des dormeurs et de deviner : rêve ou cauchemar ? De même, l’ambivalence entre le repos et le repos éternel est prégnante dans chaque tableau, mais à nouveau, le parcours laisse le champ d’interprétation très ouvert. Une partie rend aussi compte des troubles du sommeil et du symbolisme de la chambre à coucher. 



L’exposition se termine le 1er mars 2026. Pour plus d’informations : https://www.marmottan.fr/expositions/lempire-du-sommeil/






© Oriane Delcourt (illustration)


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